Une fourchette réaliste, la méthode de calcul, et les facteurs qui font vraiment bouger le prix — y compris les deux qui surprennent.
Revu le 20.08.2026
Le chiffre d'affaires seul ne dit pas grand-chose. Deux restaurants qui encaissent 700 000 francs par an peuvent valoir du simple au double, selon la position du bailleur, la rentabilité réelle et la dépendance de l'affaire à celui qui la tient.
C'est pourquoi une estimation sérieuse croise deux méthodes plutôt que d'appliquer un pourcentage unique.
Le pourcentage du chiffre d'affaires est simple et parlant, mais il traite de la même façon une affaire qui dégage 15 % de marge et une autre qui survit à 3 %.
Le multiple du résultat corrige ce défaut — un fonds se paie généralement trois à quatre fois son résultat d'exploitation en restauration — mais il suppose des comptes fiables. Or le droit comptable suisse autorise les réserves latentes et les amortissements accélérés : le résultat remis au fisc n'est pas celui qu'un repreneur doit lire.
Croiser les deux limite le poids de l'erreur de chacune. C'est aussi pourquoi renseigner son résultat d'exploitation resserre nettement une estimation : la fourchette passe d'environ vingt pour cent de largeur à une dizaine.
La position du bailleur. Un bail se renouvelle presque toujours quand les loyers sont payés. Ce qui détruit la valeur, c'est un bailleur qui refuse le transfert : sans local, le fonds ne vaut plus que son matériel. Un accord de principe obtenu avant la mise en vente est l'action la plus rentable qu'un cédant puisse entreprendre.
La saturation de la capacité. Un restaurant de 50 m² qui réalise 900 000 francs tourne à un régime que peu de repreneurs sauront tenir, et sans marge de croissance. Le marché paie moins cher une affaire au plafond qu'une affaire qui respire. C'est contre-intuitif, et c'est constant.
La dépendance à l'exploitant. Si le patron est en cuisine tous les jours et que la clientèle vient pour lui, l'acheteur reprend un emploi, pas une entreprise.
La tendance et l'état. Un chiffre en progression sur trois exercices rassure ; un équipement rénové évite au repreneur un investissement immédiat.
Cette distinction se règle dans le contrat, pas dans l'annonce. Un inventaire chiffré établi avant les discussions évite la renégociation de dernière minute, qui est le principal motif d'échec des transactions à ce stade.
Le même établissement en rue de premier passage, avec l'accord du bailleur obtenu, un chiffre en progression et une équipe autonome, dépasse 450 000 francs. L'écart ne tient pas au chiffre d'affaires, identique, mais à tout ce qui l'entoure.
Ces montants sont indicatifs. Ils ne constituent ni une expertise, ni une offre : seule l'analyse de vos comptes permet d'établir une valeur défendable en négociation.